Guide Phyto

Retrouvez les principales informations pour chaque plante

Achillée millefeuille

L’Achillée millefeuille (Achillea millefolium) appartient à la grande famille des Asteracées. Cette plante aromatique est l’alliée des femmes et des blessés. 

On la rencontre partout sur les bords des chemins ensoleillés, dans les champs, les prairies… On l’appelle aussi « le Sourcil de Vénus » à cause de ses feuilles très découpées et touffues qui ressemble un sourcil. 

Connu depuis l’Antiquité, son nom vient du célèbre guerrier troyen Achille qui se servait de la plante pour soigner ses blessures. Au Moyen-Âge, sainte Hildegarde l’utilisait pour soigner les troubles menstruels et les saignements de nez. 

Ses propriétés et indications sont diverses :

- Antispasmodique utérin : très utile en cas de troubles menstruels douloureux (dysménorrhées, algoménorrhées) ;

- Antispasmodique digestif : ballonnement, éructation, flatulence, colite spasmodique ;

- Antiprurigineuse et adoucissante cutané : acné, crevasses, écorchures, plaies, gerçures, piqures d’insectes…

- Antihémorragique et cicatrisant : acné, plaies, hémorroïdes, saignement de nez, varices…

Les fleurs peuvent s’utiliser fraiches ou sèches. En infusion à boire, ou à appliquer sur les plaies, le visage (acné), les cicatrices… La teinture-mère est un hémostatique puissant, très utile en période de convalescence. L’huile de macération sera très utile en cas de plaies superficielles. Le suc frais des feuilles est cicatrisant : il suffit d’écraser des feuilles fraîches en les frottant entre les mains pour faire sortir le jus des feuilles.

Les feuilles sont également comestibles : en composition dans une salade ou en pesto, elles apporteront une pointe d’amertume et de fraicheur. Et les fleurs fraîches aromatiseront vos limonades l’été.

Alchémille vulgaire

L’Alchémille vulgaire – Alchemilla vulgaris (Rosacées)

L’Alchémille a donné son nom aux alchémistes qui récoltaient au creux de ses feuilles l’eau de la rosée du petit matin. Cette eau était considérée comme une eau céleste et servait à la préparation des remèdes. 

Cette herbacée vivace des pâturages humides, des sous-bois et prairies est très répandue en Europe. Ses jeunes feuilles lobées, dentelées et arrondies, sont comestibles et ses petites fleurs jaunes verdâtres s’épanouissent en grappe. 

Cette propriété imperméable des feuilles d’Alchémille est due à la présence dans les parties aériennes de la plante de tanins. Les tanins sont des molécules phytochimiques très répendues dans le monde végétal. Ils ont des propriétés astringeantes, anti-inflammatoires, anti-oxydantes, vasoconstrictrices, décongestionnante et antiseptique. 

La partie aérienne de l’Alchémille (en infusion, ou teinture-mère) sera recommandée pour son action astringeante en cas de pharyngites et d’angines rouges non compliquées ; de diarrhées et de dysentérie ; d’insuffisance veineuse (jambes lourdes, hémorroïdes) et surtout dans les affections gynécologiques en cas de douleurs (endométriose, syndrome pré-menstruel), ménorragies, fibromes et en cas de lésions post-accouchement. 

Armoise commune

L’Armoise commune – Artemisia vulgaris – Lamiacée

L’armoise commune (à ne pas confondre avec l’Armoise annuelle), est répandue dans les lieux riches en nitrates, au voisinage des
lieux habotés sur les terrains vagues et les décombres, au bord des voies ferrées, dans les friches… Elle est commune sur tout le sol français. 

Cousine de l’Absinthe dont elle partage les indications majeures sur la sphère digestive comme tonique et stimulante, l’Armoise commune est surtout utilisée pour ses propriétés sur la sphère hormonale féminine. 

Elle est emménagogue (régule les cycles menstruels) surtout en cas d’irrégularité (cycles court ou long, voire absent). Elle doit
d’ailleurs son nom à la déesse grecque Artemis, déesse de la féconfité et des femmes. 

On utilisera ses feuilles et sommités fleuries en tisane ou teinture-mère, en cas de règles douloureuses, règles irrégulières ou absentes et troubles de la ménopause. Elle sera conseillée pour apaiser les troubles digestifs associées aux menstruations (diarrhées, douleurs, ballonements…).

Elle sera contre-indiquée en cas de grosses, allaitement et chez les jeunes filles nouvellement réglées. 

En plus de ses vertues thérapeutiques, l’Armoise commune est comestibles. Ses jeunes pousses pourront être dégustées en salade ou comme condiment des viandes rôtis. Elles apporteront une touche d’amertume et d’acidité.

Arnica des montagnes

L’Arnica des montagnes est une plante connue de tous et présente dans l’armoire à pharmacie de la plupart des foyers français.

L’Arnica montana a des propriétés anti-inflammatoires, analgésiques et anti-ecchymotiques puissantes.
Elle est traditionnellement utilisée en application locale depuis le Moyen-Âge dans le traitement des hématomes, contusions, entorses et douleurs musculaires superficielles. 

En France, elle pousse spontanément entre 600 et 2800 mètres d’altitude dans les régions montagneuses : Vosges (massif du Markstein), Alpes-Maritimes, Auvergne et Pyrénées.

La culture de l’arnica est compliquée et délicate à cause des conditions climatiques strictes de la plante : le plant doit être planté entre mai et juin en terrain acide, pauvre en éléments nutritifs et bien drainé. La plante ne fleurie qu’une seule fois par an et ne repoussera que 3 ou 4 années consécutives. 

La production d’Arnica montana provient donc majoritairement des activités de cueillette sauvage. La France et la Roumanie sont les deux principaux pays alimentant le marché national et international.

L’Arnica montana est très utilisée par les laboratoires pharmaceutiques, homéopathiques et cosmétiques en France et en Europe qui l’utilisent dans beaucoup de leurs produits. Les quantités nécessaires pour fournir ces laboratoires sont très importants et ne cessent de croître.

Malheureusement, au cours des dernières décennies, les populations sauvages d’Arnica montana ont progressivement déclinées et sont aujourd’hui menacées. Ce déclin est inquiétant et peut s’expliquer par plusieurs facteurs : la surexploitation de la
cueillette sauvage, la mise en culture compliquée de la plante (rendant sa culture à grande échelle impossible), l’agriculture intensive, le changement climatique... 

 Quelques alternatives à l’Arnica montana : les macérats de Pâquerette, d’Hélichryse, de Millepertuis, d’Achillée millefeuille…

Aspérule odorante

L’Aspérule odorante (Galium odoratum) – Rubiacées

L’Aspérule odorante, ou le Gaillet odorant est une petite plante des sous-bois et des lisières de forêts. Sa tige est dressée, avec des verticilles de feuilles entières ovales allongées, et une inflorescence de petites fleurs blanches à quatre pétales en croix.

Elle tire son nom commun et scientifique de l'odeur qu'elle acquiert en séchant (peu d’odeur en frais) : cette odeur caractéristique rappellant celle de foin coupé ou de la fève tonka, provient de la coumarine présente en abondance dans sa racine et ses tiges.

 L’Aspérule est donc riche en coumarine aux propriétés hypnotique, antispasmodiques et sédatives. On l’utilisera en tisane ou en alcoolature dans les insomnies, les anxiétés somatisées au niveau cardiaque (palpitations, oppressions thoraciques) ; cérébrale (vertiges, névralgies, maux de tête) et surtout diegstives (spasmes gastriques, spasmes digestifs, dyspepsies, ballonnements, lourdeurs…). 

Attention : la coumarine, à haute dose, peut s'avérer dangereuse pour la santé. Ne consommez pas l’Aspérule odorante sans les recommandations d’un.e professionnel.le !

On l'utilise aussi en cuisine, plutôt en la faisant sécher soigneusement et rapidement pour la conserver et surtout pour éviter la toxicité de la coumarine. 

C'est sous cette forme séchée que l'aspérule odorante exprime ses arômes de vanille et de foin dus à la coumarine. On peut alors la faire infuser dans de l'eau, du lait, de la crème, du beurre, du chocolat ou bien émiettée pour parfumer des desserts: compotes de fruits (pomme, poire,…), crème frangipane, pâtes à crêpes, pancakes, gâteaux, cookies, beignets. 

L'aspérule odorante est aussi utilisée pour accommoder les produits de la mer comme les noix de Saint Jacques, langoustines ou crevettes. Elle s’utilise également dans les soupes et potages de courges et de patates douces. Elle peut remplacer la noix de muscade ou du macis dans les béchamels, gratins… ou encore pour aromatiser des gelées.